La nourriture industrielle

Dans son livre Vous êtes fou d’avaler ça, Christophe Brusset nous décrit la profession qu’il a exercé tout au long de sa carrière professionnelle : trader alimentaire ou empoisonneur.

Il nous décrit comment 30% du miel vendu en France est tout simplement frauduleux, fabriqué à partir de fructose, de glucose de pollen et d’arômes artificiels et qu’il n’a jamais vu une abeille de sa vie. Comment les herbes et aromates que vous consommez contiennent jusqu’à 25% d’excréments de rats. Comment il a trafiqué des champignons bleus turquoises afin de pouvoir les vendre sans avoir la moindre idée du processus chimique qui avait donné à ces champignons une si surprenante couleur. Comment il a acheté volontairement à des usines Chinoise du concentré de tomates totalement pourri et que le problème n’est pas la qualité de la nourriture ou ses qualités nutritionnelles qui importent, mais son prix.

Il nous explique que les aliments transformés utilisent des aliments de moindre qualité, parfois non consommables. Que les confitures ne sont pas faites avec des bons fruits frais, cueillis à point et préparés avec amour. Ces fruits sont vendus entiers et au meilleurs prix. Les confitures sont un mélanges de fruits pourris, passés, en mauvaise condition ou présentant des défauts importants, de sucres, d’arômes et de conservateurs pour que le tout tienne ensemble.

Les légumes utilisés dans les soupes industrielles, les bonnes soupes de grand mère qu’on achète en boite d’un litre sont faits avec des légumes tels qu’ils ne coûtent presque rien aux fabricants, quand ils ne sont pas gratuits, tout simplement parce qu’ils sont absolument invendables pour en faire quoi que ce soit d’autre.

Dans la filière du commerce alimentaire, le retraitement des déchets à tout son sens et ce qui est bon à jeter n’est pas utilisé en engrais ou pour nourrir les bêtes, non. Ce qui est bon à jeter est utilisé pour préparer des plats, des soupes, des conserves, des pizzas … bref, tout ce qui rend le produit d’origine méconnaissable. Puis le goût est arrangé avec des produits chimiques et le produit est stabilisé par pasteurisation et par l’ajout de conservateurs chimiques.

Rien n’y échappe et la fraude y est massive, jusqu’à la confiture de fraise sans fraise, le chocolat sans cacao, le beurre sans lait, le miel qui n’a jamais vu une abeille. Le poids des charcuteries est augmentée par apport massif d’eau. Les produits du terroir ont été cultivés en Chine et ont passé sept ou huit frontières avant d’arriver sur les étales dans une belle boite qui fleur bon la tradition.

Tout cela est avec un cynisme incroyable, l’auteur lui même tire la sonnette d’alarme sans renier particulièrement ses propres actes. La question de la santé, de la qualité des produits ou même du simple amour du travail bien fait n’entrent même pas en question. Le gain seul, la marge, le chiffre sont les seules motivations de ces empoisonneurs qui se déclarent eux-mêmes, et je cite, malins.

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